À Bruxelles, la France sort l’armada
Ces 12 et 13 avril, la capitale belge accueillera les championnats d’Europe de « running », l’occasion de voir briller les meilleurs athlètes du continent sur 10 km, semi-marathon et marathon. Assez étonnamment, l’équipe de France se rend en Belgique avec de belles armes et de grandes ambitions.
Sous la publication Instagram de la Fédération Française d’Athlétisme, un commentaire résume assez bien la qualité de cette sélection : « les Avengers sur le semi et le 10 km ».
Et il faut bien reconnaître que la délégation française a fière allure, entre triathlètes de l’équipe de France et recordmans (et recordwoman) nationaux voire européens. Alors que les grands championnats sur route étaient souvent désertés par les meilleurs athlètes de chaque nation ces dernières années, souvent au profit de courses plus prestigieuses et parfois plus propices à la performance (marathon de Valence par exemple), Bruxelles s’apprête à accueillir de nombreuses étoiles européennes. Petit état des lieux de nos fameux « Avengers » tricolores.
Le triathlon à l’honneur
Si les triathlètes élites ont toujours été réputés comme étant de bons coureurs, ils ont pris ces dernières années une nouvelle dimension, tant en terme de titres que de performances. Cassandre Beaugrand détient par exemple le record de France du 5 km sur route en 14 min 53 s, Hayden Wilde effectue la distance en 13 min 21 s, tandis qu’Alex Yee possède un record en 27 min 51 sur 10 km.
Ce n’est donc guère une surprise de retrouver quatre triathlètes au sein de la délégation qui se rendra à Bruxelles.
Léonie Periault (10 km), Emma Lombardi (10 km), Raphaël Montoya (Semi-marathon) et Benjamin Choquert (Marathon) font ainsi partie de cette équipe de France. Et si Raphaël Montoya ne se consacre désormais « qu’à » la course à pied et que Benjamin Choquert est, quant à lui spécialiste de duathlon (course à pied, vélo), ce groupe est malgré tout marqué de l’empreinte du triathlon.
Et il arrive à Bruxelles en surfant sur une vague de bons résultats. À commencer par Montoya, champion de France du 10 km le 30 mars, comme en 2024, qui fera partie des semis-marathoniens français. Quant à Benjamin Choquert, il semble également être « en cannes » puisqu’il a terminé sixième de la première manche du championnat de France de Duathlon.
De leur coté, Léonie Periault et Emma Lombardi sont en pleine préparation pour leur suite de saison en WTCS (championnat du monde de triathlon) qui aura lieu à Yokohama en mai. Et même si elles devront parcourir 1,5 km de natation et 40 km de vélo avant de courir un 10 km au Japon, il ne fait pas l’ombre d’un doute que la répétition belge pourra leur être utile.
Les cadors et le caillou dans la chaussure
On l’a suffisamment écrit, cette sélection fait rêver : par le niveau individuel, par la forme époustouflante des uns et des autres, par l’émulation qui semble possible avec ce groupe.
Mais, car oui, il y en a un, la sélection d’une des athlètes interroge. À nouveau, si l’on se plonge dans les réactions qu’a suscitées cette équipe de France, une fois l’éloge des Avengers passé, une pluie de commentaires s’insurgent de la sélection de la coureuse du Martigues Sports Athle : Clémence Calvin.
Et pour cause, son retour en équipe de France intervient après une lourde de suspension de 4 ans reçue en 2019 pour manquement à un contrôle antidopage alors que l’athlète était en stage au Maroc. La coureuse est revenue à la compétition en janvier 2024, et, si elle est juridiquement autorisée à participer à toutes les compétitions qu’elle souhaite, et à être éligible à l’équipe de France, certains s’interrogent sur l’aspect moral d’une telle sélection. De quoi perturber le collectif français? Probablement pas, d’autant que d’autres athlètes prennent suffisamment la lumière disponible pour que ce caillou dans la chaussure de la FFA ne se fasse pas trop sentir.
Si Clémence Calvin va probablement attirer quelques temps l’attention, il est peu probable qu’elle éclipse les astres de la piste qui seront du voyage bruxellois.
On ne sait pas trop par qui commencer, tant ils sont nombreux à éclabousser de leur talent les routes et les pistes du monde entier ces derniers mois.
Il y a quelques semaines, nous évoquions dans nos colonnes le début de printemps particulièrement réussi de Jimmy Gressier et Mekdes Woldu. Les deux coureurs ont pulvérisé respectivement le record de France et d’Europe du 5 km (12 min 57 s à Lille) sur route et le record de France du marathon (2 h 23 min 13 s à Barcelone).
Mais ce n’est pas sur ces distances que l’on pourra voir briller Gressier et Woldu. Témoignage de leur polyvalence : le premier sera aligné sur semi-marathon tandis que la seconde participera au 10 km.
En poursuivant notre déambulation sur cet Hollywood Boulevard de la course sur route tricolore, on tombe sur une autre étoile : Étienne Daguinos. Le licencié de l’US Talence a vécu, en 2024, un des plus beaux automnes de sa jeune carrière. Reprenons la chronologie des évènements : le 27 octobre, à l’occasion du semi-marathon de Valence, il se classe neuvième en 59 min 46 s, la barre symbolique de l’heure est franchie, tout comme un cap majeur dans son parcours.
À peine plus de deux semaines après son coup de force sur les 21 kilomètres, le revoilà plein d’ambitions à Lille sur 10 km. On se demande alors s’il pourra réaliser deux performances de haute volée d’affilée. Il confiera après sa course que l’organisateur de l’évènement lui aurait dit qu’il était quasiment impossible de « courir en moins de 28 (minutes) sur ce parcours. »
Challenge accepté pour le coureur de 25 ans. 27 minutes et 4 secondes après le départ, Étienne Daguinos prouvait plusieurs choses : on peut courir en moins de 28 minutes sur ce parcours, on peut battre deux records (de France et d’Europe) en une course et on peut enchaîner un semi et un 10 km de la même cuvée en deux semaines. Le panache girondin. Et même si son record continental est tombé aux mains du suédois Andreas Almgren (26 min 53 à Valence le 12 janvier 2025), Daguinos sera parmi les grands favoris à Bruxelles.
Pour clore cette revue d’effectif, petit tour sur la distance reine de la course sur route (et peut-être de l’athlétisme?)
Nicolas Navarro aura d’assez loin la meilleure performance sur la distance de cette sélection, et pour cause, seuls deux français ont réalisé de meilleures performances dans l’histoire du marathon tricolore.
À 34 ans, le jeune papa se perfectionne encore année après année. Troisième meilleure performance tricolore en 2 h 5 min 52 s, il n’est devancé que par deux extraterrestres de la discipline : Morhad Amdouni, recordman de France en 2 h 3 min 47 s et Mehdi Frère en 2 h 5 min 41 s.
Tout comme Étienne Daguinos, il jouera très certainement une place sur le podium. L’intéressé a d’ailleurs clairement confié ses ambitions :

Un vendredi avec Nicolas Navarro
L’athlète de la marque Suisse On Running est notamment connu pour son volume d’entraînement. Car si bien des marathoniens effectuent des semaines au-delà de 150 kilomètres, Nicolas Navarro passe fréquemment la barre des 200 kilomètres. Fin février il a par exemple enchaîné deux semaines à 235 kilomètres, soit une moyenne quotidienne de… 33,5 kilomètres, rien que ça.
Le rendez-vous est donc pris pour Nicolas Navarro et toute l’escouade française les 12 et 13 avril prochains, en espérant au moins deux voire trois titres.
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