À Mâcon, le nec plus ultra du duathlon
Comme en 2024, les championnats de France de duathlon auront lieu à Mâcon (Saône-et-Loire). L’occasion de retrouver l’élite tricolore pour une belle bataille une semaine seulement après le début de la saison de grands prix de Division 1. La plupart des favoris seront présents pour aller arracher le titre national.

Il faudra certes attendre que les athlètes aient bouclé les 5 kilomètres de course à pied, les 20,3 kilomètres de vélo et enfin les 2,5 kilomètres de course à pied pour connaître le verdict de ces championnats de France, mais au vu de la start-list, l’attente devrait être de courte durée.
L’année dernière, il n’avait en effet fallu qu’une heure et six dixièmes à Marion Legrand (Les Tritons Meldois) et 51 minutes et 52 secondes à Benjamin Choquert (Metz Triathlon) pour venir à bout du parcours mâconnais. Les deux athlètes vont-ils réitérer leur performance cette saison? À nouveau, au vu de la grille de départ, il semble difficile d’être convaincu de ce pronostic. Petit tour des forces en présence ce samedi 5 avril.
Les Tritons Meldois en meute chez les féminines
Championnes de France lors des grands prix de Division 1 en duathlon en 2024, championne de France grâce à Marion Legrand la même année à Macon et déjà deuxième au classement général de cette saison 2025, tels sont les arguments du club de Meaux à l’aube de ces championnats de France.
Aussi bien chez les femmes que chez les hommes, les Tritons Meldois sont incontestablement une des plus grandes équipes de duathlon des dernières saisons. Forts d’un collectif particulièrement rodé mais également d’individualités brillantes (Bazire, Legrand ou Vandekerckhove chez les féminines, Starck, Cartieaux ou Gillodts chez les hommes), les jaune et noir arrivent à Macon avec de grandes ambitions. Si la première manche de D1 2025 n’a pas été à la hauteur des espérances du club, qui place régulièrement plusieurs coureuses dans le top 10, on peut s’attendre à ce que la mire ait été réglée depuis.
L’année dernière, c’est Meghan Bazire et Marion Legrand qui avaient pris les commandes de l’épreuve dès la première course à pied, laissant uniquement Marion Le Goff se joindre à elles. Rattrapées lors du passage sur le vélo, le trio infernal allait rapidement se détacher de nouveau pour finir seules en têtes. Au final, Legrand s’était imposée huit secondes devant Le Goff, elle-même huit secondes devant Bazire. En un podium, les Tritons avaient pris l’or et le bronze. Razzia.
Marion Legrand avait au passage décroché son quatrième titre national… consécutif, preuve supplémentaire que les Meldoises ne laissent que les miettes à leurs adversaires, et encore.
Si l’on ajoute à cela la progression supersonique de Meghan Bazire, déjà troisième l’année dernière et récemment appelée en équipe de France pour les championnats d’Europe de Duathlon fin avril en Pologne, on peut dire sans trop s’aventurer qu’il faudra batailler durement avec les Tritons Meldois pour décrocher quelque métal que ce soit.
Attention tout de même aux outsiders et à d’autres candidates sérieuses au podium, voire au titre. Emma Wasser s’est, par exemple, montrée particulièrement dangereuse à l’occasion de la rentrée de D1, finissant première française et troisième au scratch. L’année dernière, elle avait par ailleurs remporté la finale de D1 à Châteauroux.
Laurent et Starck, les yeux vers l’or
Côté masculin, bien malin celui qui saurait prédire le nom du futur champion de France. Ils sont en effet bien nombreux à pouvoir prétendre à une médaille d’or à Macon, même si le tenant du titre Benjamin Choquert (Metz Triathlon) ne sera pas au départ. En effet, ce dernier fait partie de la sélection française de marathon qui se rendra aux championnats d’Europe à Bruxelles les 12 et 13 avril. Et même si le Messin n’est pas inquiété par les enchaînements vertigineux, un championnat de France de duathlon semble peu compatible avec un affûtage pré-marathon.
Commençons notre tour de table par l’homme en forme du moment, Léo Starck. Vainqueur il y a quelques jours de la première étape de D1 à Saint-Cyr, le coureur des Tritons Meldois (et oui, encore eux) est un athlète intense, tant dans ses émotions que dans ses performances. On dit souvent qu’un athlète doit courir avec le coeur pour performer, Léo Starck fait sans aucun doute partie de ceux-là.
Particulièrement bon coureur notamment sur la seconde portion de course à pied (meilleur temps lors de la première manche de D1 2025 et deuxième meilleur chrono lors de la dernière de 2024), il ne faut pas laisser trop d’avance au meldois sur le vélo, au risque de ne jamais pouvoir le reprendre en course à pied. Il n’avait terminé « que » septième des derniers championnats de France, on peut légitimement s’attendre à le voir aller chercher bien plus haut cette année. « Sur les France le but sera de performer, je veux réitérer la performance d’aujourd’hui à Mâcon. C’est mon gros objectif de début de saison » confiait l’intéressé au podcast Drafting.
Désormais solidement installé en équipe de France de duathlon après des championnats du monde particulièrement réussi en Australie (3e en individuel et titré en relais mixte), Thomas Laurent (Évreux A.C) ne cesse de franchir les paliers de la réussite. Le Normand, coaché par son frère également athlète de D1 Martin Laurent (Évreux A.C), avait terminé troisième l’année passé à Mâcon. Et si les scénarios de course sont infinis, sa régularité en fait malgré tout un candidat très sérieux au titre.

Après une rentrée en D1 à Saint-Cyr n’ayant pas été à la hauteur de ses espérances (4e malgré tout, 3e français), le natif du Calvados aura à coeur de montrer qu’il faut compter sur lui en 2025. Il confiait d’ailleurs récemment ses ambitions nationales mais aussi internationales lors d’une interview croisée avec son frère Martin : « je veux me qualifier aux championnats du monde et faire un podium aux championnats d’Europe. » Cela passe, entre autres, par un titre à Macon le 5 avril. En 2024, il n’avait fini qu’à 3,9 secondes de la médaille d’or et 1,5 secondes de l’argent, dans une course qui n’avait pas dégagé de favoris après la première course à pied et le vélo. Au même titre que Léo Starck, le Normand est particulièrement performant sur la deuxième course à pied (2e meilleur temps à Saint-Cyr pour la première D1 et 3e meilleur temps à Châteauroux lors de la finale de D1 2024), et ses progrès en vélo pourraient lui donner la marge suffisante pour ne pas laisser de place aux adversaires après la deuxième transition.
Si Thomas Laurent a déjà les yeux tournés vers la Pologne pour les championnats d’Europe de Duathlon le 27 avril, tout porte à croire que l’étape mâconnaise est également cochée dans son calendrier.
Comme chez les femmes, de nombreux prétendants au titre seront aux côtés de Léo Starck et Thomas Laurent sur la ligne de départ. On peut par exemple évoquer Krilan Le Bihan (US Palaiseau Triathlon), Maxime Bargetto (Noyon Triathlon) deuxième l’an passé ou encore Nathan Simionato (Metz Triathlon).
Réponse samedi 5 avril aux alentours de 19h (départ à 17h45).
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