Golden World Trail Series : California Dreamin’
Un peu moins d’un mois après les émotions de Zegama, les GWTS sont de retour. Comme depuis plusieurs années, les athlètes ont posé leurs valises sur le continent américain en cette fin de mois de juin. Au programme, la Broken Arrow Skyrace au départ d’Olympic Valley (Californie), le 22 juin. Quelques jours plus tard, cap au sud pour rejoindre Huasca de Ocampo au Mexique pour le mythique Tepec Trail prévu le 29 juin. À quelques jours de la reprise au pays de l’oncle Sam, tour d’horizon des forces en présence pour la suite de cette saison 2025. Fasten your seatbelts, it’s going to be a bumpy ride.
À voir les images publiées par le compte officiel des GWTS, une chose est claire, les meilleurs traileurs de la planète semblent apprécier les paysages californiens. L’année dernière, entre l’étape de Mammoth et celle de Healdands, le petit groupe avait profité des parcs de séquoias. Cette année, une partie d’entre eux vont retrouver le fameux Golden State à l’occasion de la Broken Arrow Skyrace. Au menu, 21,7 km pour 1433 mètres de dénivelé positif. De quoi bien relancer les machines et pouvoir laisser les plus explosifs du peloton s’exprimer pleinement. Au point d’y voir des surprises et un classement général chamboulé ? En route pour un road-trip autour du lac Tahoe.
Broken Arrow, tout là-haut
La transition aura certainement été préparée par les coureurs, toujours est-il qu’entre Zegama ou Noli, lieux des deux dernières étapes de GWTS et Olympic Valley, la différence d’altitude risque d’être un facteur clé de la course. En effet, là où Zegama se situe à 296 mètres d’altitude et Noli ne dépasse que de quelques centimètres le niveau de la mer, le point le plus bas de la course du 22 juin se trouve à… 1890 m. Dans le jargon, c’est ce qu’on pourrait appeler un sacré delta.
Avec une altitude moyenne de 2247 m (7374 pieds pour les puristes) et une bonne partie de la course au-dessus de 2500 m (point culminant à 2700 m), l’air va se raréfier en même temps que les ambitions de celles et ceux qui n’auront pas su gérer leur acclimatation. Si le dénivelé de la course (1433 m) est loin d’être insurmontable pour coureurs des GWTS, peu de courses du circuit se déroulent aussi loin du niveau de la mer.
Alonso-Kiriago : un règne menacé ?
Sur la ligne de départ de la Broken Arrow, les esprits d’une bonne partie du peloton seront tournés vers les leaders actuels du classement général, Sara Alonso (Asics) et Philemon Kiriago (Run2gether). L’Espagnole a signé une performance majuscule à Zegama pour prendre la tête de deux petits points face à sa dauphine Madalina Florea (Scott). Sa couronne sera donc constamment menacée dans les prochaines semaines, d’autant plus que Madalina Florea a pris quelques semaines de repos après sa victoire à Noli, en faisant notamment l’impasse sur Zegama. L’objectif de la Roumaine est ainsi clair, revenir de cette tournée américaine avec une solide place de numéro un.
Et si Madalina Florea apparait comme la prétendante la plus sérieuse à la plus haute marche du classement général, la victoire finale semble bien moins évidente à pronostiquer. En effet, la course accueillera un plateau féminin composé de très nombreuses coureuses américaines qui auront certainement à cœur de briller sur leurs terres. On peut spécialement penser à Jessie Diggins, Anna Gibson ou encore Lauren Gregory. D’autre part, Joyce Njeru, bien qu’elle n’ait pas réalisé un début de saison à la hauteur de son talent, marqué par plusieurs abandons, reste une référence sur la distance. En pleine possession de ses moyens, la Kényane est une candidate crédible à la victoire finale du côté de la Californie.
Chez ces messieurs, le suspens ne sera pas tellement centré sur le classement général. Philemon Kiriago éclabousse de son talent et de sa bonne humeur permanente les GWTS. En se classant à trois reprises sur les podiums des quatres premières manches (deux secondes places, une victoire), le coureur Run2gether possède une avance confortable sur ses concurrents. Habitué à s’entraîner à des altitudes relativement importantes, il sera parmi les favoris ce 22 juin. Mais s’il fait quasiment systématiquement partie de cette caste, la concurrence qui lui sera opposée en Californie sera plus féroce que jamais.
Rémi Bonnet, Elhousine Elazzaoui et Patrick Kipngeno, rien que ça. Le premier a remporté deux fois les GWTS (2022, 2023), le second est le tenant du titre, et le troisième compte déjà deux manches remportées cette saison. Autant dire que la balade ne sera facile pour personne. L’intérêt est d’autant plus grand que ses lascars possèdent de très différentes qualités les uns des autres. Rémi Bonnet, par exemple, n’est pas gêné le moins du monde par les dénivelés les plus raides tandis que Elhousine Elazzaoui possède une capacité de relance et une vitesse à plat à faire pâlir bien des pistards. La bataille s’annonce dantesque, d’autant plus si l’on y ajoute une ribambelle de locaux qui ont déjà le couteau entre les dents et veulent faire briller le Stars and Stripes dans ciel d’Olympic Valley.
La devise de la Californie est « Eurêka », et à défaut d’y trouver de l’or, on est sûr d’y trouver, ce samedi 22 juin, un magnifique spectacle.
Let’s roll.
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