Kipngeno et Kimutai : la conquête de l’empire du milieu

Dans notre présentation de la saison 2025 du circuit des Golden World Trail Series, nous avions évoqué la place que le Kenya prenait au fil du temps dans l’univers du trail. Si le jeu des pronostics est toujours risqué et souvent source de déception, on peut dire qu’Hashiru a eu le nez creux en ce début de saison. En effet, dès la deuxième manche des GWTS, en Chine, chez les hommes comme chez les femmes, c’est le pays d’Afrique de l’Est qui a triomphé.

Après la première étape à Kobe, les athlètes des GWTS espéraient peut-être évoluer sous un climat plus clément, il n’en fut rien. Le Jinshaling Great Wall Trail s’est également déroulé dans une chaleur étouffante, de quoi profiter aux athlètes habitués à ces températures ? Peut-être, mais ce n’est certainement pas le seul élément d’explication de la performance stratosphérique de Patrick Kipngeno (On Run2gether) et Caroline Kimutai (Salomon Milimani Runners).

Le Kenya à l’honneur, entre fougue et expérience

Pour l’une comme pour l’autre, l’histoire est belle. D’un coté Patrick Kipngeno est un grand habitué des GWTS et des grandes performances (deuxième au classement général la saison passée). De l’autre, Caroline Kimutai arrivait en Chine sans n’avoir jamais participé à une manche de GWTS.

Particulièrement impressionnante dans les montées raides des environs de la Muraille de Chine, la kenyane a longtemps fait partie d’un groupe composé de Joyce Njeru (NNormal) et Madalina Florea (Scott). Mais si elle semblait supérieure à ses adversaires lors des ascensions, il faut bien reconnaître qu’elle a un temps souffert en descente. Moins habile techniquement que ses adversaires et apparemment légèrement gênée physiquement, chaque portion descendante la voyait reculer voire se faire dépasser par le reste du groupe. Fort heureusement pour elle, la coureuse des Milimani Runners a semblé trouver un second souffle une fois la portion se déroulant sur la Muraille terminée. Peu à peu, elle a creusé un écart significatif sur ses adversaires, et alors que toutes semblaient souffrir dans la dernière ascension avant la ligne d’arrivée, Caroline Kimutai, une flasque à la main suite à une mauvaise gestion de son ravitaillement, continuait de pousser inlassablement pour s’envoler vers la victoire.

Derrière elle, la bataille fut épique. Sara Alonso, vainqueure à Kobe, semblait moins en jambe dans la première partie de l’épreuve, longtemps quatrième, elle a réalisé une spectaculaire remontada, en reprenant notamment Madalina Florea qui semblait pourtant dans un grand jour. L’Espagnole a fini deuxième de la course, lui assurant une première place au classement général tandis que la Roumaine s’est adjugée la troisième marche du podium et la seconde place au général.

Côté masculin, le public chinois a également eu sa dose de rebondissements. Longtemps, la partie semblait jouée en faveur d’un autre membre de la team Milimani Runners, Ezekiel Rutto. Parti sur un rythme extrêmement rapide, il a rapidement déroché Philemon Ombogo et Patrick Kipngeno, et on ne voyait alors pas bien ce qui pourrait empêcher le kenyan recruté par Salomon d’offrir un doublé à la marque. Derrière lui, seul le suisse Joey Hadorn (Salomon) semblait en mesure de rivaliser, volant littéralement dans toutes les descentes (notamment sur les hautes marches de la muraille qui n’ont épargné aucun coureur excepté le Suisse).

Mais en course à pied, et en particulier en trail, la défaillance peut souvent se terrer à l’angle d’un virage ou au sommet d’une côte. C’est précisément le scénario qui s’est produit pour le pauvre Ezekiel Rutto, qui a terminé l’épreuve en neuvième position après avoir mené les débats une bonne partie de la course. Il a notamment subi la loi d’un autre kenyan, bien plus expérimenté, l’impérial Patrick Kipngeno. Lentement (en réalité tout sauf lentement, le coureur était quasiment à 20 kmh/h sur les portions roulantes) mais sûrement, il a refait son retard pour passer un à un ses adversaires. Derrière lui, son collègue et compatriote Philemon Ombogo a quant à lui su tenir le rythme qu’il avait pris dès le début de la course, en cédant uniquement face à Kipngeno.

Après l’Asie, l’Italie

Les athlètes en terminent donc avec ce mois asiatique, après deux épreuves particulièrement éprouvantes du fait des conditions climatiques. La suite de la saison aura lieu dès le 17 mai 2025 à Noli, en Italie, qui avait accueilli en 2023 la grande finale des GWTS. À cette occasion, il est fort probable qu’un certain nombre d’athlètes n’ayant pas encore pris part aux deux premières manches fassent leur apparition dans la compétition, de quoi rebattre entièrement les cartes pour la suite du championnat ?
Pour le savoir, rendez-vous dans quelques semaines sur la côte italienne.


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